
Ils sont touchants tous ceux qui depuis samedi soir hurlent au scandale, à la honte. Honte à toi honni football. Une fois de plus les voyous s'emparent des stades, endroit de perdition ou règne la terreur et la haine. Il faut aller voir les Lensois, le patron de café qui se sent insulter, il faut écouter le député maire de Lens annoncer qu'il va porter plainte contre ces barbares. Arrêtons les frais et rappelons quelques faits.
Choquant?
Oui, sans aucun doute. C'est affreux, sale et méchant. Et après? Ce genre de banderole existe dans tous les stades de France depuis des années et pourtant jusqu'ici personne ne s'était révolté. Ces banderoles ne sont pas destinées à attirer l'attention, explication facile. C'est simplement bête et surement trop pour les salons capitonnés ou l'on dénonce de tels actes. Une blague de mauvais gout n'a jamais connu une telle publicité . Pourtant, Paris n'a pas le monopole du con, le virage lyonnais s'est ainsi illustré il y a quelques années avec une banderole destinés aux stéphanois : "Pendant que vos grands pères se tuaient dans les mines, les nôtres inventaient le cinéma". Les exemples s'accumulent de propos déplacés sans que les autorités ne soient intervenus. Néanmoins, dans ce cas là, faut-il interdire aux Parisiens de qualifier chaque club de province de "paysans". Certes, l'intelligence humaine n'est pas flattée mais désormais faut-il mettre répertorier chaque comportement insultant et s'indigner?
NB: j'exclus de tous ces commentaires les actes racistes.
Responsable, pas coupable?
Voila une nouvelle fois les Parisiens impliqués dans un fait d'arme peu glorieux. On ressort une nouvelle fois les poncifs sur le Parc des Princes et la tribune Boulogne. Le passé du kop de Boulogne ne plaide pas pour lui et alors que les responsables sont inconnus, les médias ont une trop belle fenêtre pour relancer la polémique. Cependant, et avec les précautions nécessaires, il faut préciser que les membres de Boulogne se sont rapidement désolidarisés de cette banderole tous comme de nombreux supporters parisiens. Le travail réalisé par le club parisien depuis les incidents à la suite du match face à Tel-Aviv ne doit pas être remis en cause. Purger une tribune de ses moutons noirs est très long. Sanctionner sportivement le PSG serait une grave erreur. A la différence de "l'Affaire Ouaddou",la responsabilité de la sécurité du stade samedi soir était assurée par la Ligue Nationale de Football et non par le club parisien. De plus, mettre en péril l'avenir sportif à court terme du club ne ferait que ruiner la politique du club parisien et faire fuir le noyau sain de soutien au club. En revanche, pour les mauvais garçons qui suivent Paris, descendre en Ligue 2 ne serait qu'un contretemps. Ce noyau ne va pas au stade pour le sport, à Boulogne on vient au stade pour se défouler et à un niveau inférieur les moutons noirs resteront dans les tribunes.
Le modèle anglais
A chaque incident concernant les supporters en France, les médias ressortent la plus belle image d'Epinal: le football anglais. Gangréné par le hooliganisme le football anglais a su passer en 15 ans du statut de paria à celui de modèle du football européen. La méthode fut assez simple, et économiquement imparable, l'augmentation du prix des billets ( au minimum doublé) a balayé les cols bleus des stades et entrainé l'arrivée de la classe moyenne dans les stades. Le supporter de base suit désormais son équipe favorite dans son salon et ne s'offre que quelques matchs par saison auprès de son équipe. Néanmoins, s'embourgeoiser a un prix. Old Trafford sonne désormais bien creux et on a du mal à croire les récits vieillis de marée humaine qui terrifiaient les visiteurs. De plus, le hooliganisme n'en a pas pour autant disparu. Chaque déplacement d'une équipe anglaise donne lieu à des incidents. En 2007 et en l'espace de un mois, les fans de Manchester United ont eu par deux fois des comportements violents à Lille et à Rome. Seule l'habileté médiatique de Sir Alex Ferguson a évité aux mancuniens une sanction. Il semble encore difficile d'admettre que l'ultra ne soit pas cadre sup'. Le football populaire et des tribunes "vivantes" ont un prix.


